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BLOGUE DU FESTIVAL DES 3 AMÉRIQUES / 4 - par Jason Béliveau
2009-03-29BAISSER DE RIDEAU
Quatre jours de festivités, c’est fichtrement trop court. Pour les habitants de Québec, manquer un film signifie prier tous les saints qu’il puisse être présenté au Clap ou au Cartier tout au plus une semaine. Certains sont déjà assurés d’une place dans nos salles (les docs Une tente sur mars de Martin Bureau et Luc Renaud et l’Encerclement de Richard Brouillette au Clap à partir du 3 avril), d’autres sont à l’étape des pourparlers (dont un des plus gros titres du festival, peut pas en dire plus). Parlant de l’Encerclement, c’est probablement l’un des documentaires les achevés sur le capitalisme et le néolibéralisme, point barre. Le traitement est propre, concis, intelligent, la musique d’Éric Morin donne du poids, et l’on se sent un peu moins stupide à la fin. Le film n’a pas l’intention de convertir personne, mais cerner du bandit ça fait toujours du bien (bigres d’économistes!). C’est surtout très bien nuancé, au point où il est facile de comprendre pourquoi un libertarien est ce qu’il est. Et si vous ne savez pas ce que c’est exactement un libertarien, le concept de main invisible d’Adam Smith ou le colloque Walter Lippmann, vous venez de vous trouver d’autres raisons d’aller voir le film.
Ce qu’il reste donc à faire au bout de cette 10e édition du FC3A, c’est voir les derniers films de sa liste afin de pouvoir écouter les Jutra en soirée l’esprit tranquille. Donc, avant de s’installer dans son salon pour fustiger contre les nominations de cette année, il y a toujours Conozca la cabeza de Juan Perez d’Emilio Portes à voir à 17h00 dans la salle Charest 1. Film de clôture, histoire carnavalesque racontée par une tête fraîchement décapitée, celle du magicien Juan Perez, qui, afin de préserver sa place dans un cirque chancelant, décida d’utiliser une vraie guillotine pour un grand numéro devant lui assurer la gloire et la sécurité financière. Pour s’assurer une place, mieux vaut arriver tôt au Charest.
Le reste de la journée, il faudra faire la navette entre le Charest et le Cartier. Combat de coq à 14h15 où trois gros morceaux sont présentés simultanément. Quand je serai vieille je rangerai mon stylo (Cartier) documentaire sur la vie de Claire Martin, femme de lettres québécoise qui aura 95 ans le 18 avril prochain, auteure de Dans un gant de fer et de La joue droite, esprit libre et pétillant. Arrivez tôt, on prévoit au Cartier une salle comble. À la salle Charest 7, Tony Manero de Pablo Larraín, dont on a beaucoup entendu parler lors de son passage à Cannes. L’obsession d’un homme voulant ressembler au personnage de John Travolta dans Saturday Night Fever, prêt à tremper dans le crime afin de remporter un concours national de sosies de Manero, le tout connecté à l’histoire récente de la Chili et à la dictature d’Augusto Pinochet. Finalement, dans la salle Charest 6, Lake Tahoe, du mexicain Fernando Eimbcke. Récipiendaire d’un prix FIPRESCI au festival à la Berlinale de 2008, le film suit Juan, 16 ans, qui tente de trouver un moyen de réparer la voiture de ses parents qu’il vient d’enfoncer dans un poteau. Une série de rencontres étranges s’en suit, le tout filmé d’une manière assez particulière, suivant l’esthétisme des jeux vidéo point-and-click (succession de tableaux statiques dans lesquelles se trouvent un indice ou un item permettant d’avancer au prochain décor).
C’est ce qui clôt cette couverture du festival. Une bonne fin de journée à tous les artisans, participants, bénévoles et cinéphiles du FC3A, et à l’année prochaine.
Jason Béliveau
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