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| Ont collaboré: Pierre Barette P.B. Arnaud Bouquet A.B. Marco de Blois M.D. Philippe Gajan P.G. Marcel Jean M.J. Réal La Rochelle R.L. Gilles Marsolais G.M. [ voir 24 images n° 96 p. 56-61 ] |
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À la place du cur (de Robert Guédiguian) |
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![]() Maude Gionet et Joël Drapeau-Dalpé. |
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| Histoires d'hiver (de François Bouvier) critique par Pierre Barrette C'est lorsqu'on le compare au beau livre de Marc Robitaille (Des histoires d'hiver, avec des rues, des écoles et du hockey) duquel il est tiré qu'on mesure toute la faiblesse du dernier film de François Bouvier. Non pas que le récit paru en 1987 chez VLB soit sans défaut, mais il a pour lui des qualités qui sont justement celles qui manquent le plus au film: un style, un ton, une structure à la fois très simples mais absolument originaux mis au service d'une histoire qui, peut-être parce qu'elle est celle d'un peu tous les Québécois nés dans les années cinquante et soixante, trouve tout de suite chez le lecteur des échos personnels. Mais là où chez Robitaille la nostalgie est toujours en retrait du texte, qu'elle en constitue un des effets possibles sans jamais s'exprimer ouvertement, dans le film de Bouvier elle devient la raison première de l'uvre, ce qui justifie sans l'excuser l'insistance qu'on met à tabler presque dans chaque plan sur le détail pittoresque (ici une coiffure, là un élément du décor, et bien sûr la fameuse bouteille de bière, mise de l'avant comme la synecdoque parfaite des années soixante...) et la manière dont on travaille à tout envelopper d'un voile de bons sentiments. En témoigne de façon éloquente tout ce qui dans le film a été rajouté pour faire une « vraie histoire » avec de « vrais rebondissements » dramatiques, à commencer par la crise cardiaque du gentil « mononcle » qui permet, sous la forme d'une escapade du jeune protagoniste vers Montréal et le Forum, une fin improbable et fabriquée, à l'image d'un film qu'on a presque rendu niais à force de vouloir le faire touchant. - P.B. Histoire d'hiver (Qué. 1999. Ré.: François Bouvier. Int.: Joël Drapeau-Dalpé, Denis Bouchard, Diane Lavallée, Luc Guérin, Maude Gionet, Sylvie Legault.) 105 min. Dist.: Behaviour. |
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![]() Annette Bening |
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| In Dreams (de Neil Jordan) critique par Pierre Barrette Neil Jordan est peut-être aujourd'hui le réalisateur qui démontre le plus grand talent pour circuler d'un genre à l'autre et conserver malgré cette polyvalence la même exigence et le même souci de cohérence dans chacune de ses uvres: d'où la surprise de le retrouver pareil et différent à chaque film, le plaisir également de renouer avec un même regard métamorphosé par les règles nouvelles qui président à la forme qu'il a choisi d'explorer. Avec In Dreams, il s'attaque au film de suspense fantastique, et réussit ce qu'il n'était pas tout à fait parvenu à faire dans Interview With a Vampire: mêler au point qu'ils se confondent les différents niveaux de la réalité (le réel, le rêve, les visions prémonitoires), créant de la sorte un univers instable et inquiétant, dans lequel on entre, justement, comme dans un rêve. C'est avant tout la brillante direction artistique et une photographie extrêmement travaillée qui permettent cet équilibre entre réalisme et onirisme, et duquel dépend la crédibilité et la cohésion de cet univers. À la différence des films d'horreur traditionnels, qui communiquent un sentiment d'effroi grâce à des effets de surprise et par la représentation très crue d'actes violents, Jordan insiste sur l'étrangeté intrinsèque aux choses et aux êtres, une façon beaucoup plus subtile de produire un impact sur le spectateur en laissant s'insinuer dans la trame narrative des échos aux mythes et aux peurs qui ont animé son enfance. D'où l'impression persistante que les éléments fantastiques développés par le récit sont en fait le prolongement d'aspects plus proprement psychologiques, comme en témoigne la présence essentielle pour l'économie du récit de la ville engloutie, et qui se révèle dans ce film une métaphore récurrente et puissante de l'inconscient. - P.B. In Dreams (É.-U. 1998. Ré.: Neil Jordan. Int.: Annette Bening, Robert Downey Jr., Stephen Rea, Aidan Quinn, Paul Guilfroyle.) 98 min. Dist.: DreamWorks. |
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