Considérations très personnelles
sur l'état du cinéma d'animation
par Pierre Hébert
[ extrait seulement - texte complet voir 24 images n°106 p. 42-45 ]
Ce texte a été écrit dans des conditions tout à fait spéciales. En novembre 2000, j’ai fait partie du jury du Holland Animation Festival dont le directeur avait décidé d’accorder la même importance dans la compétition au cinéma d’animation narratif et non narratif. À ce que je sache, c’était un précédent. Étant donné qu’une bonne partie de mes films* se trouvent plus ou moins dans cette dernière catégorie, on m’a demandé d’écrire à ce sujet une sorte de déclaration, de manifeste personnel, pour le catalogue du festival. Ce n’est pas sans émotion que je l’ai fait. Je l’ai légèrement adapté et quelque peu développé pour les fins de la présente publication.

Au tournant des années 60, un cinéaste comme Truffaut avait une connaissance suffisante
du cinéma d'animation pour considérer McLaren comme un grand cinéaste.
En outre, je me trouvais à un point tournant de ma carrière, ayant quitté l’ONF après trente-quatre ans de loyaux services. Sans doute me fallait-il sortir de tout cadre institutionnel pour pouvoir me resituer, tant par rapport à mon propre travail que par rapport à ce que devient le cinéma d’animation aujourd’hui, et définir un nouveau lien entre la fidélité aux vieilles convictions de ma jeunesse et l’acceptation de faire face aux grands changements qui ont cours présentement. En effet, la fidélité ne suffit pas. Depuis toujours, j’ai cherché à me situer du côté artistique du cinéma, plus ou moins en opposition avec l’autre côté, celui du commerce et de l’industrie. À première vue, cela peut sembler clair et simple, mais si j’essaie de préciser ce que je veux dire par là, tout devient plus complexe.

Cinéma expérimental, cinéma non narratif, cinéma abstrait, cinéma d’animation d’auteur, voilà des catégories conceptuellement bien différentes, mais qui, dans la pratique, se recoupent et sont solidaires. Cependant, entre toutes, l’appellation «cinéma d’auteur », la plus floue mais aussi la plus englobante, correspond à une réalité historique bien précise. Elle est née après la Deuxième Guerre mondiale, a eu son apogée dans les années 60 et concerne tout autant le cinéma d’animation que le cinéma de prise de vues réelles. Mais aujourd’hui le cinéma d’auteur se trouve en crise de définition. Moi aussi.

[ extrait seulement - texte complet voir 24 images n°106 p. 42-45 ]