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| Ont collaboré: Pierre Barrette P.B. Marco de Blois M.D. Gérard Grugeau G.G. Marie-Claude Loiselle M.-C.L. Daniel Rivest D.R. André Roy A.R. [ voir 24 images n° 114 p. 57-62 ] |
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| Bord de mer (de Julie Lopez-Curval) Claude Jutra, portrait sur film (de Paule Baillargeon) Les fils de Marie (de Carole Laure) Ma femme est une actrice (de Yvan Attal) Le marais (de Kim Nguyen) My Big Fat Greek Wedding (de Joel Zwick) Séraphin - un homme et son péché (de Charles Binamé) Sur mes lèvres (de Jacques Audiard) The Truth About Charlie (de Jonathan Demme) Le turbulence des fluides (de Manon Briand) Un spécialiste, portrait d'un criminel moderne (de Eyal Sivan) Vengeance (d'Andrzej Wajda) |
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![]() Paul Ahmarani. |
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| Le marais (de Kim Nguyen) critique par Pierre Barrette Étrange phénomène que ce Marais sorti de nulle part, premier long métrage du réalisateur Kim Nguyen (dont on sait quil a une maîtrise en études cinématographiques de lUniversité de Montréal et quil est une sorte de spécialiste des effets spéciaux), qui arrive précédé dune forte rumeur après son passage au Festival de Toronto et au FCMM. Il existe en effet peu de points de comparaison dans le cinéma dici pour juger dune telle uvre, qui oscille entre le conte philosophique et le cinéma fantastique, et qui, parce quelle prend le parti dune étrangeté radicale, se coupe de la plupart des repères qui confortent habituellement le spectateur dans son idée de ce qui fait un film québécois. Laction se déroule au XXe siècle, en un lieu non spécifié dEurope de lEst, au fond dune forêt peuplée delfes et de mauvais esprits; les personnages humains qui lhabitent ont lallure inquiétante des figures de Jérôme Bosch, et entre eux se nouent des drames qui sont un écho sensible du folklore russe. Si ce nétait des acteurs dont on reconnaît vite lidentité (Gabriel Gascon, James Hyndman, Paul Ahmarani), absolument rien dans cette uvre ne permettrait de lassimiler à notre cinématographie, pas même les accents en réalité, puisque les comédiens adoptent soit une langue tout à fait neutre, soit ils affectent un accent dEurope de lEst assez prononcé. Mais une fois ce parti pris un peu bizarre assumé, et les réticences quon peut avoir pour le genre fantastique surmontées, on découvre le monde authentiquement personnel dun cinéaste, une vision habitée par un très fort sens du cinéma et de la mise en scène, un imaginaire foisonnant, qui trouve son expression la plus juste en outre grâce à une maîtrise exceptionnelle du traitement de limage. Le marais (Qué. 2002. Ré. et scé.: Kim Nguyen. Ph.: Daniel Vincelette. Mont.: Richard Comeau. Int.: Gregory Hlady, Paul Ahmarani, Gabriel Gascon, Alex Ivanovici, Elyzabeth Walling, Jennifer Morehouse.) 85 min. Prod.: Prod. Thalie. Dist.: Film Tonic. |
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![]() Karine Vanasse et Roy Dupuis. |
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| Séraphin - un homme et son péché (de Charles Binamé) critique par Marie-Claude Loiselle A-t-on encore une fois besoin décrire ce que nous savons depuis belle lurette des intentions et des procédés formels de Binamé, qui se répandent à lécran de film en film avec limparable volonté de mettre le spectateur k.-o. à défaut déveiller la vénération escomptée? Que le prétexte soit de brosser le tableau dune urbanité contemporaine ou de la ruralité dantan, ce qui compte ce nest jamais ce qui est prétendu essentiel, cest-à-dire la vie et son flux perpétuel, passionnel, mais lillusion de la vie: sappliquer, à grands renforts deffets, de séduction et de ruses, à «faire vrai». Ainsi, le monde (ici la nature rude et sauvage) devient simple décor et le décor, maquette grandeur nature, dans cet univers où tout trahit sa fabrication, du plus petit accessoire aux maquillages, de léclairage aux mouvements de grue, de la moindre réplique jusquaux situations, aux sentiments. Tout laisse paraître la colle et les clous, la poudre et la recette. Mais cela, il fallait sy attendre avec ce «cinétéléaste» à la gouverne de la mégaentreprise commerciale alléchante quoique étrange que représente ladaptation au grand écran du roman de Claude-Henri Grignon Un homme et son péché, uvre mythique pour quelques générations de Québécois grâce au téléroman qui en a été tiré. Ainsi, le résultat nest autre que celui qui était prévu quand un tel faiseur sait livrer ce quon attend de lui: «En donner aux spectateurs pour leur argent». Assurément devions-nous aussi savoir quavec toute la prétention que lon connaît à Binamé, qui a toujours pris la pose de lartiste moderne et courageux, il ne se contenterait pas ici de se mettre modestement au service dune uvre et de personnages. Le regard condescendant quil porte sur eux et leur misère, la façon dont les malheurs des uns et des autres ne deviennent plus bons quà nourrir la matière dramatique ne font que confirmer, une fois encore, le peu dintérêt que le réalisateur porte réellement à ce qui lentoure. Tout comme la solitude de Louise dans Le cur au poing, tout comme le sida dans La beauté de Pandore, notre passé ne devient ici quun pur prétexte pour faire de loppression, de la misère morale et matérielle, un spectacle. Le spectacle dun Québec dont nous nous sommes libérés, et le film est, à chaque plan, le témoignage, la preuve, laffirmation arrogante et roublarde de cette libération. Binamé adopte cette hauteur confortable (et rassurante) pour nous faire contempler ce qui ne nous regarde plus, ne nous concerne plus. Ainsi, nous navons rien à voir non plus avec ce quil fait de toute une galerie de personnages qui se révèlent, les uns après les autres, ridicules, pathétiques, minables ou pitoyables. Quest-ce que Séraphin sinon «notre réussite» étalée à lécran avec ostentation? Séraphin - un homme et son péché (Qué. 2002. Ré.: Charles Binamé. Scé.: Binamé et Pierre Billon, daprès Claude-Henri Grignon. Ph.: Jean Lépine. Mont.: Michel Arcand. Int.: Pierre Lebeau, Karine Vanasse, Roy Dupuis, Rémy Girard, Robert Brouillette, Céline Bonnier, Benoît Brière, Yves Jacques, Anne-Marie Cadieux, Normand Chouinard, Robert Lalonde.) 128 min. Prod.: Lorraine Richard pour Cité-Amérique. Dist.: Alliance Atlantis Vivafilm. |
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