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| Ont collaboré: Pierre Barrette P.B. Marco de Blois M.D. Gérard Grugeau G.G. Marcel Jean M.J. [ voir 24 images n° 109 p. 59-63 ] |
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| L'ange de goudron (de Denis Chouinard) Le ciel sur la tête (de André Melançon et Geneviève Lefebvre) Der Tunnel (de Roland Suso Ritcher) Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (de Jean-Pierre Jeunet) La loi du cochon (d'Érick Canuel) La répétition (de Catherine Corsini) Slogans (de Gjergj Xhuvani) S.P.I.T.: Squeegee Punks in Traffic (de Daniel Cross) Un crabe dans la tête (d'André Turpin) La vierges des tueurs (de Barbet Schroeder) |
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![]() Audrey Tautou. |
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| Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (de Jean-Pierre Jeunet) critique par Marcel Jean Film phénomène, succès mondial, Le fabuleux destin dAmélie Poulain est un long métrage quil est intéressant dobserver sous au moins deux angles. Dabord celui de la forme, en insistant notamment sur la façon dont le cinéaste, Jean-Pierre Jeunet, est parvenu à renouveler limagerie de la comédie à la française par une utilisation habile et inventive des effets spéciaux numériques. Jeunet (comme Tim Burton aux États-Unis et comme Frank Tashlin avant eux) vient du cinéma danimation, ce qui semble lui donner de la liberté par rapport à la représentation du réel et une approche totalisante de la mise en scène qui font plaisir à voir. Ensuite, on peut observer Amélie Poulain à travers les réactions quil a suscitées, notamment la défense agressive de certains de ses admirateurs qui ont dénoncé les rares critiques qui osaient émettre quelques réserves à propos de ce film. Ces farouches partisans ont fait du film un manifeste pouvant servir dantidote au cynisme ambiant et à lintellectualisme malsain qui minerait de lintérieur le cinéma français. De ce côté, force est dadmettre quon a beaucoup charrié! Sympathique comédie, Amélie Poulain ne sauvera certainement pas le monde en refusant de le regarder. La naïveté du personnage, la foi que le film manifeste en lamour, rien de cela nest détestable. Mais on peut continuer à penser quon aurait tort den faire un art de vivre ou une philosophie. Si tant de spectateurs se sont identifiés à Amélie, nest-ce pas parce quelle a su préserver son innocence à travers les épreuves, et surtout parce que nayant aucune ambition sociale, elle évolue en marge de léconomie, limitant sa conception du monde à un micro-univers sur lequel elle peut intervenir positivement, refusant de ce fait de voir les problèmes ou les situations qui la dépassent? Ce nest pas avec ça quon fait les révolutions, si tranquilles soient-elles! Il faudra, à nen pas douter, que quelquun de sérieux prenne le temps de se pencher longuement sur le phénomène Amélie Poulain. Il nous manque encore la distance pour bien le faire. Dici là, contentons-nous de profiter de lingénuité du personnage ainsi que du savoir-faire de Jeunet. M.J. Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (Fr. 2001. Ré.: Jean-Pierre Jeunet. Int.: Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Rufus, Yolande Moreau, Dominique Pinon.) 120 min. Dist.: Alliance Atlantis Vivafilm, TVA International. |
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![]() David La Haye. |
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| Un crabe dans la tête (d'André Turpin) critique par Gérard Grugeau Il y a dans le cinéma dAndré Turpin une blessure narcissique qui se traduit par lapprivoisement de territoires fictionnels troublants et opaques desquels lauteur ne semble vouloir (ou pouvoir) sapprocher quavec réticence. Après lexpérimental Zigrail qui traitait déjà de lattrait du vide et dun retrait dans le fantasme au détriment du réel (refus de la paternité, fuite dans le délire paranoïde et lillusion dune vie sans attaches), Un crabe dans la tête travaille sa fiction peut-être avec plus de gravité, mais moins de spontanéité attachante à partir de la tentation suicidaire et dun même refus de lâge adulte. Alex (David La Haye) est reporter photographe. Apparenté aux héros du Grand bleu et de La confusion des genres, le personnage savère plus attiré par les profondeurs sous-marines et le zapping sentimental que par la plongée dans les abîmes du moi et la confrontation avec la réalité. Homme caméléon, Alex veut plaire à tout le monde, mais il apprendra à ses dépens que, en refusant toute forme dattachement, il a laissé la trahison sinstaller au cur de sa vie. À travers ce personnage de charmeur inconséquent, André Turpin brosse un tableau de lhomme québécois daujourdhui (la génération des 30 ans), qui semble prisonnier des contradictions de son immaturité chronique et qui prend soudainement conscience de son besoin dancrage dans la communauté des humains. Si le cinéaste traite cette chronique de murs contemporaines sur le ton de la comédie douce-amère, il révèle néanmoins en filigrane le portrait dune société guettée par le cynisme et la désinvolture (Alex ne pense finalement quà son image. Il est son propre objet damour). Aussi bien par sa forme que par son contenu, le film cède finalement à sa propre fascination et ne réussit que partiellement à se départir de son narcissisme pour laisser place au principe de réalité. En adoptant une forme «rapide et fuyante» qui entend coller aux états dâme fluctuants du personnage, André Turpin se complaît plus dune fois dans la coquetterie ludique. Ce faisant, il évite de prendre son sujet à bras-le-corps en accompagnant véritablement son personnage dans le dévoilement de sa détresse. La mise en scène vient ainsi, jusque dans la dernière séquence du film (Alex remuant la tête sur la musique de Bella Ciao), désamorcer la gravité inquiète du propos en cédant aux sirènes de la fausse légèreté. Le point aveugle de la fiction cristallise bien sûr autour de la figure de lenfant mort. Dans cette part dindicible se love le secret du «cancer» qui ronge le personnage. En restant à distance du drame intime dAlex pour mieux rebondir sur le terrain rassurant de la comédie, Un crabe dans la tête séduira assurément le plus grand nombre. Comme son protagoniste prisonnier de son propre reflet. G.G. Un crabe dans la tête (Qué. 2001. Ré., scé. et ph.: André Turpin. Int.: David La Haye, Isabelle Blais, Emmanuel Bilodeau, Chantal Giroux, Pascale Desrochers, Vincent Bilodeau.) 102 min. Prod.: Qu4tre par quatre. Dist.: Film Tonic. |
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