Ont collaboré:
Pierre Barette — P.B. Marco de Blois — M.D. Philippe Gajan — P.G. Gérard Grugeau — G.G.
Marcel Jean — M.J. Jacques Kermabon — J.K. Réal La Rochelle — R.L. André Roy — A.R.
[ voir 24 images n° 101 p. 54-61 ]
Any Given Sunday (d'Oliver Stone)
The Beach
(de Danny Boyle)
The Cider House Rules
(de Lasse Hallström)
Cradle Will Rock
(de Tim Robbins)
La dilettante
(de Pascal Thomas)
The End of the Affair (de Neil Jordan)
Haut les coeurs!
(de Solveig Anspach)
Holy Smoke
(de Jane Campion)
Magnolia
(de Paul Thomas Anderson)
Man on the Moon
(de Milos Forman)
The Ninth Gate
(de Roman Polanski)
Sleepy Hollow
(de Tim Burton)
Sunshine
(d'Istvan Szabo)
Sweet and Lowdown
(de Woody Allen)
Topsy-turvy (de Mike Leigh)
Vénus beauté (institut)
(de Tonie Marshall)
The War Zone
(de Tim Roth)
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Catherine Frot.
La dilettante (de Pascal Thomas)
critique par André Roy

Les derniers films de Pascal Thomas, entre autres Les maris, les femmes, les amants, avaient déçu. Ce cinéaste de la province, qui ne dédaigne ni la critique narquoise ni la moquerie sagace, réserve une belle surprise avec La dilettante, un film portant à la fois sur le milieu urbain (Paris et ses banlieues) et sur la bourgeoisie. Avec la collaboration de Jacques Lourcelles (connu pour son discuté et passionnant Dictionnaire du cinéma) au scénario, il nous donne une œuvre malicieuse, pleine de fraîcheur et d’excentricité, qui n’est pas sans rappeler ce cinéma du dialogue de l’après-guerre dont la moindre réplique était prétexte à mot d’esprit (pensons ici à Sacha Guitry). Mais si le film tient si bien la route, c’est grâce surtout au talent fou de Catherine Frot qui, en Pierrette Dumortier débarquant à Paris après un long séjour en Suisse, en est le centre de gravité. Sans ce personnage de femme dans la quarantaine, qui est revenu de tout et regarde la vie avec légèreté et insolence, on se demande si ce film garderait son côté si piquant dans des situations qui paraissent démodées, si sinueux dans un rythme qui risque continuellement de s’essouffler, si le film protégerait son aspect aussi improbable qu’imprévisible dans une histoire que l’on dirait avoir vue mille fois. Il y a là plus qu’un coup de chance ou de hasard (par exemple, dans le choix des comédiens, tous très bons), mais une main sûre qui sait conduire le récit avec liberté, frivolité, désinvolture, à l’image même du personnage principal qui s’adapte à toutes les circonstances — parfois bien fâcheuses — et s’en tire avec l’air de n’avoir rien fait pour ça. La dilettante est en plus une comédie qui, par sa perspicacité, sa finesse et sa bizarrerie, tranche sur (et nous repose de) la production française du même genre, sur les Zidi de tout acabit, qui nous paraissent maintenant plus racoleurs et lourds que jamais. - A.R.


La dilettante
Fr. 1999. Ré.: Pascal Thomas. Int.: Catherine Frot, Odette Laure, Jean-François Balmer, Marie-Christine Barrault.) 118 min. Dist.: Remstar.
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Sean Penn.
Sweet and Lowdown (de Woody Allen)
critique par Pierre Barette

Tous ceux qui suivent la carrière de Woody Allen, en particulier depuis une dizaine d’années, savent à quel point le plus célèbre des névrosés new-yorkais tend à faire de chacun de ses films une sorte de réplique de sa vie, nourrie par ses angoisses et en prise directe sur ses démêlés avec la presse jaune américaine: en ce sens, Deconstructing Harry est l’oeuvre qui allait le plus loin dans l’exploration de cet état schizophrène caractéristique de l’artiste qui doit également assumer son rôle de personnage public, avec ce que cela implique de dédoublements et de ruptures. Peut-être parce que Woody lui-même n’y tient pas le rôle-titre, plusieurs commentateurs américains ont vu dans Sweet and Lowdown, son dernier opus, un film beaucoup moins autobiographique. C’est, il me semble, prendre trop au pied de la lettre le sens du terme autobiographique: en effet, on se demande bien en quoi cet Emmet Ray, musicien génial, le «deuxième meilleur guitariste de jazz au monde», tellement bourré de talent pour jouer de son instrument qu’il en a été complètement dépourvu dans tous les autres aspects de sa personne, est-il si différent du cinéaste, qui depuis plus de trente ans construit des personnages d’écrivains, de scénaristes, d’acteurs et de réalisateurs incapables de concilier les exigences contradictoires de leur vie professionnelle et sentimentale. Comme pour Zelig, Allen a imaginé un vrai-faux personnage historique (joué par Sean Penn), que viennent documenter de vrais spécialistes racontant de fausses anecdotes, mais là où la figure du Juif incapable d’assumer sa différence dans le melting-pot américain fondait tout son attrait sur l’identification massive qu’il arrivait à susciter, celle de ce musicien antipathique ne réussit malheureusement pas à évoquer beaucoup plus qu’un acteur pris en flagrant délit de cabotinage. Malgré tous les talents qu’on doit lui reconnaître, celui de directeur d’acteurs n’est pas le principal atout de Woody. - P.B.


Sweet and Lowdown
(É.-U. 1999. Ré.: Woody Allen. Int.: Sean Penn, Samantha Morton, Uma Thurman, Anthony LaPaglia, Woody Allen.) 95 min. Dist.: Blackwatch.