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![]() par Philippe Gajan [ extrait seulement, texte complet voir 24 images n° 111 p. 36-40 ] Voir Gilles Groulx (de Denis Chouinard) |
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| [...] Gilles Groulx est un des grands monteurs de ce premier siècle de cinéma. Cest dailleurs comme monteur à Radio-Canada quil entre «en cinéma», puis à lONF bien qu'il faille probablement faire remonter la génèse de son art aux relations quil noua avec les signataires du Refus global comme le montre Voir Gilles Groulx. De façon assez superficielle, il serait plutôt facile de le mettre en relation avec lécole russe pour laquelle le film se faisait au montage. Mais il est peut-être plus juste de préciser que lun des rares cinéastes québécois à avoir assumé le montage de ses films (à tel point quil refusa de signer un Normétal mutilé justement au montage) possédait une vision bien plus vaste que les aspects techniques du montage image. Gilles Groulx, dune certaine façon «monte» le réel et ce, dès le départ, dans sa manière de lappréhender. Quil aborde le hockey et sa charge mythologique dans Un jeu si simple, orchestrant une montée dramatique saisissante, ou quil filme lactualité sociale dans 24 heures ou plus
, la présentant comme un suspense dont le spectateur au bout du compte serait chargé du dénouement («ce film est un suspense car son dénouement dépend de nous tous»), le réel est le socle de son cinéma. Et si le réel est le socle et le cinéma loutil dont il dispose, la séduction est la pierre angulaire de sa stratégie de conquête. Car dans ce cinéma, montage rime avec séduction («Le montage vertu et tentation par excellence chez Groulx», dira Robert Daudelin, coffret 1, p. 6), séduction dont Gilles Groulx prendra peu à peu conscience. À son cinéma brillant, séduisant des débuts (que ceux qui en doutent jettent un il sur les premières minutes de Voir Miami..., étourdissantes, époustouflantes), succèdent des films en prise directe sur la séduction. Il séduit tout dabord en utilisant cette arme pour mieux la combattre, et cest le cas de ses films-essais sur la séduction de la société de consommation, Entre tu et vous et Où êtes-vous donc?, puis en modifiant la forme de ses films afin de mieux la contenir. Séduction de la forme inhérente au cinéma face à la séduction de la société, on en revient toujours à la dialectique entre éthique et esthétique. Cest le pari notamment dAu pays de Zom, qui travestit en film-opéra sa critique du capitalisme. Audacieux, surprenant, Au pays de Zom nen est pas moins une réussite, certes moins connue que Le chat dans le sac, tant dans sa forme délicieusement ironique lorsquil sagit de contredire les cartons en début de scène par la séquence suivante, que dans son message. Monsieur Zom, le capitaliste, ment, se ment et finalement trouvera le bonheur en mourant sur scène, le film opposant alors sans cesse séduction et bonheur. Proche aussi bien du conte moral que de la fable bouffonne, Au pays de Zom illustre bien lincroyable liberté du cinéaste, non seulement à faire évoluer son cinéma en fonction dune adéquation de la forme et du contenu mais aussi en fonction dune évolution de la place du cinéma dans la société. [...] [ extrait seulement, texte complet voir 24 images n° 111 p. 36-40 ] |
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| Voir Gilles Groulx (de Denis Chouinard) Voir... toute affaire cessante critique par Philippe Gajan [ texte complet voir 24 images n° 111 p. 39 ] |
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![]() Les raquetteurs (1958) de Gilles Groulx et Michel Brault. |
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| De ce documentaire, on aime le titre, Voir et non pas revoir. Il dit bien ce quil a à dire. On aime aussi le ton, sobre, absolument pas affecté, son montage, intelligent et alerte, les gens qui sy côtoient, Barbara Ulrich et Bernard Gosselin en tête, les caméos savoureux car égaux à eux-mêmes (Denys Arcand et Pierre Falardeau) et enfin, et surtout, la façon dont il remplit la mission quil semble sêtre imposée: donner envie de voir luvre de Gilles Groulx, aujourdhui, maintenant, toute affaire cessante. Toute luvre, pas un extrait, pour sy plonger, en sen voulant de ne pas lavoir fait avant ou plus souvent. [...] [ texte complet voir 24 images n° 111 p. 39 ] |
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| Le coffret DVD de La collection Mémoire de l'ONF L'intégrale de l'uvre de Gilles Groulx [ texte complet voir 24 images n° 111 p. 40 ] |
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| Loffensive de lONF sur luvre de Gilles Groulx ne saurait occulter un autre fait majeur concomitant: ce coffret, particulièrement en DVD, est un événement dans le monde de lédition québécoise. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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