Robert Kramer

Un dossier «Cinéma et engagement» ne pouvait ignorer le cinéaste américain Robert Kramer dont tout le parcours cinématographique a été traversé par la «chose» politique. De Ice (1969) à Point de départ (1993), toute son uvre est une tentative de réinventer une morale politique qui ne scotomiserait pas les rapports humains ni surtout le sujet filmeur. Marxisme, luttes du Tiers-Monde, socialisme, etc., ont été certes chez lui des enjeux politiques, mais toujours médiatisés par des images, passés au crible de la représentation cinématographique qui servait de lieu pour une dialectique de soi (avec un certain narcissisme) et des autres (la solidarité, la communauté auxquelles croit encore et toujours le cinéaste). Il y a donc, chez Robert Kramer, à la fois un ethnologue, un archéologue et un mythologue de la fiction politique. Raison de plus pour l'interroger. - André Roy

 (voir entretien avec Robert Kramer - 24 images
n° 92 - p. 30-35- propos recueillis
par Janine Euvrard)