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![]() propos recueillis par Philippe Gajan photo: Jacques Dufresne [ extrait seulement, entretien complet voir 24 images n° 109 p. 4-9 ] |
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| [...] « 24 IMAGES: Autour de cette trame linéaire viennent se greffer mille et une autres questions qui dessinent un rapport à la société se déroulant sur au moins trente ans
» « BERTRAND BONELLO: Oui, mais au départ ce nétait pas du tout là. Je suis parti dun tout petit récit, et ce nest quen le relisant que je me suis aperçu que ce rapport à la société faisait partie des questions que je me posais. Je suis né en 1968 et cest quelque chose qui a été très lourd à porter. Jai trop entendu dire que jétais un enfant de la révolution, etc. Et face à cela on ne peut rien faire, car tout a déjà été fait. Cest très difficile à porter et cela ma amené à me questionner sur la position de lhomme libre. Dune certaine façon, on se définit toujours en rompant avec ses aînés mais les gens qui se définissaient autour de moi avaient des idées que je trouvais absolument terribles. Je pense que dans toute ma vingtaine, cela ma énormément pesé. Je me disais: ça va être quoi notre territoire, nos idées? Ça donne un film qui parle au départ dun type qui démarre sa carrière à la fin des années 60 et qui aboutit à son fils. Il y a là forcément un point de vue qui se dessine sur la société, je vais dire française parce que je ne veux pas mavancer plus loin. Mais encore une fois, ça nest apparu plus tard que progressivement, ça devenait très présent dans le film, bien au-delà du discours politique des jeunes garçons par exemple. Disons peut-être comme idée de la fin des utopies. » « 24 IMAGES: Est-ce que le film doit dès lors être considéré comme un constat pessimiste sur notre société? » « BERTRAND BONELLO: Optimiste, pessimiste ce sont des mots un peu étranges, une forme de «théâtralisation» de la société. Je préfère les mots espoir ou désespoir Disons pourtant que les générations précédentes ont toujours voulu construire un monde meilleur pour leurs enfants et que cest la première fois quon entend des parents dire: «On vous laisse dans un monde pire que celui quon a connu». Et ce nest certainement pas un constat très optimiste! Pour ma part, jai vraiment senti ce basculement. Je pense que dans lhistoire, cest quelque chose dabsolument nouveau. On disait à la fin du XIXe siècle quau XXe siècle il ny aurait plus de guerres, et plus de maladies. Résultat, tout semble aller de plus en plus mal. Avec, en conséquence, la montée de la nostalgie. La société, et notamment celle du divertissement, glisse vers labrutissement général, et cest vrai que cela me terrifie car tout nous pousse vers labsence de pensée. » [...] [ extrait seulement, entretien complet voir 24 images n° 109 p. 4-9 ] |
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