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Les acteurs et le cinéma québécois |
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| Bois, chair, inox Petite histoire des comédiens dans le cinéma québécois par Marco de Blois Comédiens et acteurs, pour le meilleur et pour le pire par Robert Lévesque Petit abécédaire des acteurs du cinéma québécois Entretien avec Élise Guilbault propos recueillis par Pierre Barrette Entretien avec Anne-Marie Cadieux et James Hyndman propos recueillis par Marco de Blois Entretien avec Gabriel Arcand propos recueillis par Marco de Blois Entretien avec Marc Béland propos recueillis par Marco de Blois Entretien avec Pascale Bussières propos recueillis par Pierre Barrette |
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| Bois, chair, inox Petite histoire des comédiens dans le cinéma québécois par Marco de Blois [ extrait seulement, texte complet voir 24 images n° 107-108 p. 7-11 ] |
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| Chair « Les premières entreprises privées de lindustrie du cinéma québécois disparaissent dans les années 50. Avec elles s'éteint lespoir dune édifiante cinématographie canadienne-française catholique. Au même moment, lONF vit dintenses bouillonnements. Le cinéma direct émerge. En 1965, dans lesprit de cette mouvance, apparaît une fiction nouveau genre: La vie heureuse de Léopold Z., portée par un acteur, Guy LÉcuyer, qui fait don de sa personne, avec une saisissante générosité, pour en faire un personnage. Dans ce film, lacteur semble tout à coup libre, affranchi des conventions qui lui allaient comme un corset. Il nest pas vissé sur une sorte de scène de théâtre comme pouvaient lêtre ceux des décennies précédentes; les éclairages nont pas été placés autour de lui de manière à lui donner une stature, à en faire une sorte dincarnation surnaturelle. La réalisation et le scénario visent à lui donner limage dun homme semblable aux autres, ayant ses faiblesses, ses défauts, sa part dobscurité. Dans lesprit du cinéma direct, les acteurs abandonnent les postures, les gestuelles contrôlées et offrent leur corps à la caméra. Paradoxe: alors que lon nage en plein réalisme, les personnages prennent des couleurs, se développent, les acteurs percent lécran en explorant davantage toutes les facettes de leur travail qui vise pourtant à créer lillusion... » [...]
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| Comédiens et acteurs, pour le meilleur et pour le pire par Robert Lévesque [ extrait seulement, texte complet voir 24 images n° 107-108 p. 11-14 ] |
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| « Le théâtre évolue donc dans un contexte dindépendance et sans le fil à la patte que constitue le système public de soutien au cinéma (le détesté Téléfilm Canada) axé sur le nivellement par le bas pour une rentabilité maximale, un système sous-hollywoodien de type sournoisement censorial dès lors que lauteur dun film (imaginerait-on ça au théâtre?) doit faire approuver par les fonctionnaires de lÉtat son scénario et jusquau choix de ses acteurs. Bref, le cinéaste contrairement au metteur en scène nest pas le maître à bord. Il évolue dans une camisole de force. Il lui arrivera donc de diriger des acteurs quil ne connaît pas. » [...] « Ces cas Guilbeault et LÉcuyer, rares et exemplaires, nous enseignent quune des choses essentielles à la réussite dun acteur au théâtre ou au cinéma tient dans la «relation» qui sétablira entre linterprète et celui qui le dirige. Entre Arcand et Guilbeault, pour La maudite galette en 1971, il y avait au-delà dune complicité une audace (le rôle ne semblait pas vraiment pour elle): ce sont ces ingrédients qui peuvent faire feu et qui échappent aux professionnels du casting qui concoctent des distributions comme des savonnettes pour le marché (ce genre de casting où, au lieu de prendre Louise Portal qui la magnifiquement jouée à la scène, on impose Marina Orsini dans Les muses orphelines parce quelle est plus jeune, plus belle, plus connue). Entre LÉcuyer et Forcier, là, cétait un cas damour, du coup de foudre à la grandeur dâme, cétait le respect, bref cétait «une vraie relation» à légal des plus fructueuses et toutes proportions gardées on peut penser à celle quentretint Ingmar Bergman avec ses actrices et ses acteurs, le grand Bergman qui dénonce à lui seul, par son uvre théâtrale et cinématographique, la futilité de la question que jessaie encore de décortiquer pour vous... » [...] « Les acteurs ne seront pas meilleurs là plutôt que là, mais ils seront bons si le trou noir de la salle ou la lentille de la caméra les absorbe assez pour quils sy engloutissent jusquà sy perdre. Alors cest gagné. Pour eux. Pour nous. Pour le théâtre et pour le cinéma. Bref, pour lart. » [ extrait seulement, texte complet voir 24 images n° 107-108 p. 11-14 ] |
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| Petit abécédaire des acteurs du cinéma québécois Pierre Barette (P.B.) - Marco de Blois (M.B.) - Marcel Jean (M.J.) - Réal La Rochelle (R.L.) Yves Rousseau (Y.R.) - André Roy (A.R.) |
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| [ extrait seulement, abécédaire complet voir 24 images n° 107-108 p. 15-25 ] | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| [ Pour la quarantaine d'autres textes, voir pages 15 à 25. ] | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Entretien avec Élise Guilbault propos recueillis par Pierre Barrette [ extrait seulement, entretien complet voir 24 images n° 107-108 p. 26-29 ] |
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![]() Élise Guilbault. photo: © Bertrand Carrière |
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| « 24 IMAGES: Justement, comment expliquez-vous que les acteurs en général semblent donner leur pleine mesure au théâtre, mais quau cinéma souvent leur jeu sédulcore? » « ÉLISE GUILBAULT: La direction compte pour beaucoup. Quand un acteur arrive du monde du théâtre, il est bien catégorisé. Soyez certain quon le surveille et quon le retient dans son jeu, on le retient parfois beaucoup, beaucoup, beaucoup. Je pense donc quen ce sens il y a une véritable responsabilité du réalisateur. Mais le contexte joue aussi un rôle. Les conditions, il me semble, étaient meilleures il y a sept ou huit ans. Pas la gentillesse et le dévouement des gens (on dirait que moins il y a dargent et plus il y a de dévouement ), mais les conditions techniques en général. Vous voyez, les acteurs rêvent presque tous de faire du cinéma, et pour cette raison ils sont prêts à tout; sauf que maintenant, la limite est presque atteinte. On passe des heures impossibles à attendre, pour un salaire étonnant (rires). Donc, je crois que la performance même de lacteur peut être influencée par ces conditions parfois très difficiles, mais cest tout aussi vrai du réalisateur et de toute léquipe, qui doivent faire avec ce dont ils disposent. Tout le monde est retenu dans son élan. Dun autre côté, cela nous force à devenir très imaginatifs, à inventer des façons inédites de faire les choses, et ça, cest bien. Pour revenir au jeu proprement dit, il faut dire quil y a un monde entre la manière dun metteur en scène de théâtre et celle dun réalisateur de diriger les acteurs. Quand on commence à répéter au théâtre (au cinéma, on ne répète presque pas), le metteur en scène a déjà fait ses devoirs, il sait ce quil attend de toi. Cela fait en sorte que le travail de direction se fait dans la proximité; une intimité se crée, une intimité qui amène beaucoup de révélations réciproques de lartiste et du metteur en scène. On puise dans nos vies, notre expérience, et cela contribue beaucoup aux liens qui se créent entre les gens. Au cinéma, il y a des discussions, mais pas beaucoup. Par exemple, pour La femme qui boit, je navais jamais répété les scènes de soûlerie avant de les faire. Jai dit à Bernard (Émond): il faut que tu me fasses confiance, parce que je ne pourrai pas les faire, comme ça, sous les néons. Le risque était que la prise soit mauvaise, mais je navais pas le choix. Au théâtre, lacteur porte la plus grosse part de la responsabilité alors quau cinéma, cest plutôt le réalisateur qui lassume. Mais comme actrice, pour cette raison, jai vécu de grands chagrins: voir des jours et des jours de tournage coupés au montage, parce que le réalisateur ne voulait plus mettre ce personnage-là en contexte, ou alors parce quil a voulu insister sur tel ou tel détail qui au départ paraissait tout à fait insignifiant. Cest très difficile, mais cela ne tappartient pas, et il faut vivre avec. » [ extrait seulement, entretien complet voir 24 images n° 107-108 p. 26-29 ] |
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| Entretien avec Anne-Marie Cadieux et James Hyndman propos recueillis par Marco de Blois [ extrait seulement, entretien complet voir 24 images n° 107-108 p. 30-35 ] |
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![]() Anne-Marie Cadieux et James Hyndman. photo: © Bertrand Carrière |
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| « 24 IMAGES: lI y a une idée assez fréquente dans le milieu du cinéma qui est quen augmentant le budget des films on en augmenterait aussi la qualité, alors quil ny a pas de lien entre les deux... » « ANNE-MARIE CADIEUX: Évidemment! Il faut avant tout quexiste un terrain propice au développement dune parole. Si, par exemple, on présentait ici un projet sans dialogues, on se ferait dire que ce nest pas un scénario, alors que le cinéma est avant tout un langage visuel qui repose sur une mise en scène. » JAMES HYNDMAN: Lintérêt des films ne dépend effectivement pas dune question dargent. Par contre, les sommes investies étant importantes, on considère comme menaçant de prendre certains risques. Le théâtre, lui, est un lieu de recherche et dexploration, un lieu de liberté extraordinaire, où tout est possible, où lon prend le temps de chercher et de trouver une forme, un ton, une complicité les uns avec les autres, et ce travail-là peut donner lieu parfois à de grandes choses, qui soffrent comme une expérience forte tant pour ceux qui jouent la pièce que pour ceux qui y assistent. Ce que je trouve difficile au cinéma, cest que jai rarement eu ce sentiment dêtre dans un lieu où lon peut chercher et où on a droit à lerreur. En répétition au théâtre, on peut passer une semaine à errer, à se planter, à réfléchir sur les raisons qui font que ça ne fonctionne pas, puis on progresse à la lumière de ces erreurs permettant à quelque chose de nouveau de se déployer. Quand il ny a pas de possibilité de faire des erreurs, les chances de trouver des choses insoupçonnées, magiques, sont beaucoup plus minces. Au cinéma, la contrainte de temps et dargent, les contraintes techniques, les pressions des producteurs restreignent la place de lacteur. Sur un plateau, le temps consacré à la technique est beaucoup plus important que celui qui est pris pour répéter les scènes et les travailler. Il y a une nécessité pour lacteur de livrer rapidement un résultat. Si au bout de quatre, cinq prises, tu nas pas réussi à en mettre une en boîte qui a du bon sens, tu ne te sens pas bien, et personne ne se sent bien sur le plateau. Cela entraîne une perversion qui est de jouer safe. Je rêve dun plateau où on pourrait jouer sans trop savoir comment les choses vont se passer, où on prendrait le temps dessayer des choses, ce qui veut dire pouvoir faire dix, quinze prises. Dans la mesure où, pour un acteur, le cinéma consiste à essayer de capter linstant, un moment de vérité, et que cela narrive pas toujours sur commande, il faut essayer de réunir le maximum de conditions qui vont permettre que ce moment arrive. Et cest précisément ce quon na pas le temps de faire. « ANNE-MARIE CADIEUX: Tout ce que tu dis là est vrai, mais ça demeure un aspect technique. Pour ma part, je suis plus préoccupée de savoir si je travaille à élaborer une uvre. Y a-t-il un vrai langage, un véritable matériau qui peut créer un grand film? Ce que je trouve le plus intéressant comme actrice, cest de minscrire dans une vision et non pas seulement de tourner des scènes. Si cette vision existe à la base, je peux supporter toutes les contraintes, même si ce nest pas agréable. Il faut dire que lart cinématographique appartient avant tout au réalisateur alors quau théâtre, si important que soit lapport du metteur en scène, une fois que nous sommes sur scène, cest sur nos épaules que repose toute la performance. Au cinéma, le montage, mais surtout la vision du cinéaste peuvent rendre un acteur meilleur. Si bon que soit le scénario, on sent tout de suite si le réalisateur en est dépourvu. Ce qui compte avant tout, cest lenvie dexplorer quelque chose avec quelquun, et, quand on a vraiment envie de travailler avec une personne, à la limite, on n'a même pas besoin de lire le scénario, comme Mastroianni le disait au sujet de Fellini. Un acteur est très stimulé dès quil a le sentiment de sinscrire dans une vision, dans un univers bien personnel, comme celui dun Forcier par exemple. Je crois que les petits pays comme le nôtre ne peuvent sen sortir et rayonner quen faisant du cinéma dauteur. Et il faudrait que la télé encourage un tel cinéma un peu comme Channel 4 le fait en Angleterre plutôt que les grosses productions, les comédies qui, de toute façon, peuvent rouler delles-mêmes. Il faut absolument encourager la parole dauteur si on veut avoir une cinématographie forte. » [ extrait seulement, entretien complet voir 24 images n° 107-108 p. 30-35 ] |
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| Entretien avec Gabriel Arcand propos recueillis par Marco de Blois [ extrait seulement, entretien complet voir 24 images n° 107-108 p. 36-39 ] |
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![]() Gadriel Arcand. photo: © Bertrand Carrière |
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| « 24 IMAGES: À létranger, on peut trouver plusieurs exemples déchanges entre cinéma et théâtre. Il y a dabord les réalisateurs qui sont également metteurs en scène au théâtre. Nommons Ingmar Bergman, Patrice Chéreau, Rainer Werner Fassbinder, Bob Fosse, Elia Kazan, David Mamet, Luchino Visconti, etc. Ici, le seul à faire le pont entre théâtre et cinéma est Robert Lepage, mais son approche qui repose largement sur le work in progress constitue un cas à part. Alors que ces échanges paraissent naturels à létranger, quelle est la raison, à votre avis, qui expliquerait le peu dintérêt manifesté par les réalisateurs pour le théâtre au Québec? » « GABRIEL ARCAND: Vous avez omis le plus colossal, Orson Welles et son Mercury Theatre. Et, à part Bob Fosse qui était danseur et chorégraphe, ceux que vous nommez ont dabord il me semble pratiqué la mise en scène au théâtre (et Mamet, la dramaturgie). Ici, le théâtre (je ne parle pas des revues et du burlesque) apparaît plus ou moins avec Gratien Gélinas et le Père Émile Legault, et le cinéma avec les curés qui filmaient les terres en friche avec leurs paroissiens. Ce sont des aventures dà peine soixante ans. Vous citez des artistes éduqués dans les grandes traditions européennes (Visconti, cest la haute noblesse italienne), qui portent en eux depuis le lycée les auteurs, les peintres et les compositeurs du dernier millénaire. Je ne dis pas quils sont plus doués ou quils ont plus dimagination que nous, mais ils ont été forçés de se constituer un bagage de toutes ces traditions dès lécole. Faire sa vie professionnelle dans une discipline artistique est une réalité reconnue depuis la Renaissance. En Europe (et ailleurs dans le monde), traditionnellement, un acteur est dabord formé au théâtre et un metteur en scène dirige dabord sur une scène (je mets à part les nouvelles écoles de cinéma et une nouvelle génération de cinéastes qui nont jamais fréquenté lart dramatique). Et ceux qui ont commencé par la scène ont été obligés dapprendre les fondements de la direction dacteurs et lusage de lespace scénique, de connaître leurs auteurs, de les décoder pour les rendre intelligibles à un public; en dautres mots, dexercer toutes leurs facultés créatrices sur des matériaux inépuisables et de sen inspirer. Et puis, il y a le phénomène du «choc des idées». LEurope est un petit territoire extrêmement peuplé. Les artistes et les cultures sy confrontent davantage, comme les États-Unis avec leurs immigrants; il y a un va-et-vient des courants et des influences qui sont le résultat de fréquentations réciproques entretenues au fil des siècles, souvent à cause de guerres interminables. (Cest peut-être dans lespoir de susciter de semblables secousses que plusieurs cinéastes dici tournent aujourdhui dans une autre langue?) Le cinéma au Québec a dabord été documentaire: comment draver, planter des choux, pêcher la truite, etc. À une époque où Eisenstein a déjà achevé sa carrière et que Fritz Lang et Jean Renoir sont au milieu de la leur, on filme ici des tableaux champêtres sur la colonisation. Lappareil de prise de vues était aux mains de lÉglise et des politiciens qui, lune ou les autres, seront toujours et partout les adversaires les mieux intentionnés de limaginaire et de la création. Avec de pareils amis, vous navez pas besoin dennemis. Inévitablement, on verra pointer les lueurs du rêve, louverture sur la fiction. Mais la grande floraison de personnages inventés passera dabord par la télévision, qui avait alors pour mandat de rendre accessibles au grand public les uvres de la culture canadienne et mondiale (par lintermédiaire des réalisateurs, Paul Blouin, entre autres). Les romans de Lemelin, Guèvremont, Choquette et Grignon furent adaptés par leurs auteurs en feuilletons dramatiques pour la télé parce que leurs uvres faisaient déjà partie du patrimoine. Marcel Dubé fut le premier dramaturge à écrire une uvre originale directement pour la télévision. Pas pour le cinéma, qui nexistait alors plus ou moins quà lONF et qui nétait pas très perméable à la fiction. Les cinéastes finalement sortis de lONF créeront enfin leurs propres univers, scénarios et personnages, indépendamment des dramaturges qui, eux, trouveront refuge dans les théâtres et à la télévision. Les cinéastes se trouvent sans doute moins inspirés par les grands (et les petits) textes de la dramaturgie et de la littérature que par la vie quotidienne qui sactive autour deux, par ce quon raconte dans les journaux et à la télévision, par les expériences de leur vie personnelle. Pour eux, cest là que se trouve lexpression de la vie et de là que jaillit leur imagination. Le passage de la littérature et de la dramaturgie au cinéma nest pas une pratique courante. Comme ladaptation dun roman à la scène nest pas non plus une habitude. » [ extrait seulement, entretien complet voir 24 images n° 107-108 p. 36-39 ] |
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| Entretien avec Marc Béland propos recueillis par Marco de Blois [ extrait seulement, entretien complet voir 24 images n° 107-108 p. 40-43 ] |
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![]() Marc Béland. photo: © Bertrand Carrière |
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| « 24 IMAGES: Sur ce plan, linfluence de la télévision semble davantage marquée chez les jeunes comédiens qui ont un jeu souvent très standardisé. » « MARC BÉLAND: Je crois que ça vient de Watatatow... Cest un téléroman auquel beaucoup de jeunes comédiens participent et qui, en plus, marche très fort. On dirait quil a imposé une manière de parler et dagir qui élimine toutes possibilités de capter des moments imprévus, des moments où on serait témoin de la vulnérabilité des acteurs. Il y a aussi le fait quon na pas le temps de travailler, à la télé. Au cinéma non plus dailleurs... Il est rare quun réalisateur fasse venir ses acteurs à lavance, ne serait-ce que pour lire les scènes ensemble, une par une. Le propre du cinéma est de capter des moments que, contrairement au théâtre, on ne pourra pas recréer, mais que la pellicule aura immortalisés. Mais pour parvenir à créer ces moments, il faut pouvoir lancer les acteurs sans filet. Il faut également un entraînement et le temps de laisser les choses arriver. Or, comme on manque de temps, cest le glamour qui prend le dessus, le culte de la personnalité. Les acteurs sont-ils pour autant satisfaits artistiquement de faire leur métier? Cest vraiment le désir de rentabilité qui pervertit tout. Il ny a quà penser aux années 60-70, quand les moyens étaient réduits. On avait alors un véritable cinéma dauteur dans lequel les acteurs avaient la possibilité de se déployer. Ils navaient rien à perdre non plus... Mais aujourdhui, ils ont souvent limpression dêtre la part négligeable de toute cette grande entreprise marchande. Et dailleurs, au théâtre, il y a moins dargent en cause et une parole dauteur a toujours sa place. Il est encore possible de décider, comme ça, de louer un théâtre pour trois, quatre jours parce quun petit groupe dacteurs a envie de jouer le texte quun auteur vient décrire. » « 24 IMAGES: On vous voit ces temps-ci dans la série Emma. Jimagine que le travail à la télévision est pour vous alimentaire. » « MARC BÉLAND: Oui, mais... (silence) Je ne veux pas être cynique par rapport au travail que jy fais... ni frustré non plus. Jessaie, autant que possible, malgré les limitations quimpose la télévision, de donner accès à quelque chose dimprévisible, de sortir de la standardisation du jeu peut-être inconsciente quon y entretient. Cest un métier que japprends sur le tas, mais où il y a tellement de contraintes. Je ne suis pas habitué, par exemple, à ce quon me demande de refaire toujours la même chose à la même réplique. Je me fais dire: «On avait convenu que tu dois te relever à la réplique 8!» Ce nest pas du tout pour les emmerder, mais pour moi le processus nest jamais terminé. Je cherche tout le temps. Je cherche la justesse, ce qui fait quil mest parfois difficile de me plier à des indications très strictes. Si, tout à coup, au milieu de la scène, je me rends compte que cest plus juste de me relever à la réplique 9, je vais le faire, sans penser quon sattend à ce que je le fasse à la réplique 8. Je sens parfois les gens autour de moi un peu déstabilisés. Il y a plusieurs vieux pros qui travaillent sur Emma et eux sont très présents et réagissent bien, mais le réalisateur semble parfois trouver que jai une énergie, disons... un peu sauvage. » [ extrait seulement, entretien complet voir 24 images n° 107-108 p. 40-43 ] |
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| Entretien avec Pascale Bussières propos recueillis par Pierre Barrette [ extrait seulement, entretien complet voir 24 images n° 107-108 p. 44-47 ] |
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![]() Pascale Bussières et Emmanuelle Béart dans La répétition (2001) de Catherine Corsini. |
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| « 24 IMAGES: Vous avez tourné sans longues interruptions depuis 1984, vous êtes par conséquent en mesure de poser un regard diachronique sur la production québécoise. Sentez-vous que les choses ont changé (en bien ou en mal) depuis 15 ans? » « PASCALE BUSSIÈRES: Je trouve dérangeant le fait que les réalisateurs donnent raison aux bailleurs de fonds en prouvant quon peut faire toujours plus vite. Jaimerais quil y ait une espèce de soulèvement, que les gens de lindustrie se lèvent et disent que ce nest pas de 25 jours quils ont besoin pour faire un film, mais de 30 au moins. Tout le cinéma québécois sen sentirait mieux et aurait plus de retentissement à létranger. Bâtir une cinématographie, cest quelque chose qui prend du temps, ce nest pas une «patente» industrielle. Il ne sagit pas seulement de faire des films, des films, des films, il faut faire des bons films pour créer une habitude chez les spectateurs. Il me semble que cette volonté, on la sentait davantage auparavant. Cela dit, le nombre de films produits a son importance, dans la mesure où plus on tourne, plus il y a de chances que sur le lot se retrouvent de bons films. Je pense que lexpertise des techniciens sest beaucoup développée avec laugmentation du nombre de tournages, notamment grâce aux tournages étrangers. Il existe également davantage de lieux où senseigne le cinéma (lINIS, par exemple). Les métiers du cinéma sont devenus moins marginaux et mieux ancrés dans la réalité dici. Les choses se sont transformées tellement vite depuis dix ans, on est maintenant dans un tel monde dimages! Parfois, jai limpression que tout le monde travaille dans le cinéma. Je vis à la campagne parce que je voulais méloigner un peu et puis, même ici, je suis entourée de gens qui travaillent aux décors ou à la technique. Cest incroyable la fascination que le cinéma exerce sur les gens aujourdhui. Je ne crois pas que cela soit nécessairement une bonne chose, puisque le cinéma semble en sortir banalisé, comme si tout le monde avait limpression dêtre capable de faire un film. Avec les caméras vidéo, chacun fait ses home movies et se prend pour un cinéaste, alors que cest beaucoup plus compliqué que ça Cest vraiment un travail monastique pour ceux qui le font sérieusement. Faire un film, cest écrire pendant deux ans, demander le financement, attendre, puis enfin tourner. En bout de ligne, quatre années de votre vie y ont été consacrées. Cest trop dur pour ceux qui le font vraiment, et trop facile pour ceux qui «prétendent» le faire. Une autre chose qui a changé, cest ce va-et-vient de gens qui se promènent beaucoup du cinéma à la télé, de la pub au clip. Jai travaillé avec des jeunes réalisateurs (je pense à Alain Desrochers et à Denis Villeneuve), qui venaient du monde des vidéoclips ou qui en ont fait, et je trouve que ce sont vraiment des «trippeux» de limage. On est loin des années soixante-dix. Des gens comme Jacques Leduc faisaient un cinéma plus engagé, plus politique, alors quaujourdhui on sintéresse plutôt à lanecdote, à lhistoire. Je revoyais 2 secondes de Manon Briand hier, et je trouve quil sagit là dune esthétique du genre. Cest assez nouveau. » [ extrait seulement, entretien complet voir 24 images n° 107-108 p. 44-47 ] |
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