Pouvaient être retenus: tous les longs métrages présentés au Québec pour la première fois en 2000, que ce soit à l'occasion d'une sortie en salle, d'une représentation lors d'un festival ou d'une première sortie en vidéocassette.
Le palmarès de 24 images
8 mentions :
Les glaneurs et la glaneuse (d'Agnès Varda)
Les glaneurs et la glaneuse
d'Agnès Varda
(Entretien n° 105 et critique n° 103-104)
7 mentions :
In the Mood for Love (de Wong Kar-wai)
Yi Yi
(d'Edward Yang)
In the Mood for Love de Wong Kar-wai
(n° 103-104)
4 mentions :
Eureka
(de Shinji Aoyama)
Infidèle
(deLiv Ullmann)
Rosetta
(de Luc et Jean-Pierre Dardenne)
Signs and Wonders (de Jonathan Nossiter)
Vacances prolongées
(de John van der Keuken)

Yi Yi d'Edward Yang
(n° 103-104)


Philippe Gajan Gérard Grugeau
Yi Yi Yang
Dancer in the Dark von Trier
Signs and Wonders Nossiter
In the Mood for Love Kar-wai
Rosa — The Death of a Composer Greenaway
Eureka Aoyama
Ressources humaines Cantet
Les glaneurs et la glaneuse Varda
Vacances prolongées van der Keuken
The End of the Affair Jordan
Eureka Aoyama
In the Mood for Love Kar-wai
Les glaneurs et la glaneuse Varda
Le passager (1974) Kiarostami
Le vent de la nuit Garrel
Rosetta Dardenne
Signs and Wonders Nossiter
Un temps pour vivre, un temps pour mourir (1985)
Hsiao-hsien
Vacances prolongées van der Keuken
Yi Yi Yang


Marcel Jean Jacques Kermabon
Code inconnu Haneke
In the Mood for Love Kar-wai
Yi Yi Yang
Eureka Aoyama
Ghost Dog: The Way of the Samurai Jarmusch
Sade Jacquot
Signs and Wonders Nossiter
Rosetta Dardenne
Les glaneurs et la glaneuse Varda
Tabou Oshima
Les glaneurs et la glaneuse Varda
Infidèle Ullmann
In the Mood for Love Kar-wai
Ressources humaines Cantet
Une femme d’extérieur Blanc
The Yards Gray
Yi Yi Yang
Vacances prolongées van der Keuken
Chicken Run Lord et Park
Tabou Oshima


Réal La Rochelle Marie-Claude Loiselle
Les glaneurs et la glaneuse Varda
Rosetta Dardenne
Pola X Carax
Stardom Arcand
Vacances prolongées van der Keuken
Saint-Cyr Mazuy
Je préfère le bruit de la mer Calopresti
The Messiah Klein
Signs and Wonders Nossiter
Ghost Dog: The Way of the Samurai Jarmusch
Les glaneurs et la glaneuse Varda
Yi Yi Yang
Rosetta Dardenne
Paradiso — sept jours avec sept femmes Thome
Vacances prolongées van der Keuken
In the Mood for Love Kar-wai
Le passager (1974) Kiarostami
Je préfère le bruit de la mer Calopresti
Les destinées sentimentales Assayas
Pola X Carax


Gilles Marsolais Georges Privet
Dancer in the Dark von Trier
In the Mood for Love Kar-wai
Rosetta Dardenne
Un temps pour l’ivresse des chevaux Ghobadi
Le cercle Panahi
Harry, un ami qui vous veut du bien Moll
Les glaneurs et la glaneuse Varda
Infidèle Ullmann
Eureka Aoyama
Djomeh Yektapanah
Yi Yi Yang
Dancer in the Dark von Trier
Infidèle Ullmann
Tigre et dragon Lee
Sue (Lost in Manhattan) Kollek
Requiem for a Dream Aronofsky
The End of the Affair Jordan


André Roy
La captive Akerman
Eureka Aoyama
Les glaneurs et la glaneuse Varda
Goulag, carré blanc sur fond blanc Chatelain et Pasternak
Le vent de la nuit Garrel
Je préfère le bruit de la mer Calopresti
Infidèle Ullmann
In the Mood for Love Kar-wai
The Virgin Suicides Coppola
Yi Yi Yang
Quelques mots sur le film qui, peut-être, parle le plus de chacun: celui que l’on est seul à retenir.
Un temps pour vivre,
un temps pour mourir
De loin le film le plus autobiographique et le plus limpide de Hou Hsiao-hsien. Méditation «kaléidoscopique» sur le temps comme durée pure, comme écoulement aveugle et sans repos qui saisit dans un même élan de fluidité les différents moments de la vie et de la mort. Le cinéma comme une expérience de spiritualisme concret, comme une mise à plat du quotidien lesté de toute hiérarchie dramaturgique. Quand l’expérience personnelle rejoint le flux de la conscience universelle.
Gérard Grugeau
Code inconnu
Comme c’est souvent le cas chez Michael Haneke, Code inconnu est une démonstration implacable reposant sur une maîtrise de la mise en scène qui suscite presque la terreur. Un dispositif brillant, donc, pour parler de l’imprévisible enchaînement des causes et des conséquences, des limites de la représentation et de l’interprétation. L’œuvre du cinéaste autrichien se développe avec cohérence et rigueur et, entre deux façons de manipuler le spectateur, je préfère de loin celle-ci à celle de von Trier.
Marcel Jean


Stardom
Stardom n’est pas un film sur la télévision, mais une Traviata canadienne. Le début et la fin du film, en structurant toute l’architecture, sont construits sur la valse triste de Verdi. Clé du film. Cette Dame aux camélias de l’an 2000, par la grâce de sa seule beauté, est prostituée des télés, non des salons secrets. Son parcours s’achève dans l’insignifiance, mort lancinante. Un excellent Arcand: ricaneur, mélancolique, désabusé, pas dupe de ce qu’il filme. Son alter ego vidéaste fait un moment un clin d’œil complice à la caméra du réalisateur. Vacuité de filmer la beauté contemporaine. Cinéma: miroir et bûcher des vanités.
Réal La Rochelle
Les destinées sentimentales
Sous la surface en apparence limpide de ce film dévale le grand fleuve du temps avec lequel «tout s’écoule et rien ne demeure». La belle ombre d’Héraclite plane en effet sur ces Destinées où les mouvements indissociables de la vie et de l’histoire apparaissent en parfaite adéquation avec la fluidité chorégraphique de la mise en scène propre à Olivier Assayas. Ici, l’art de la porcelaine devient la métaphore de tous ces films que le regard du spectateur mutant, atrophié par la surabondance audiovisuelle, ne sait plus voir.
Marie-Claude Loiselle


Goulag, carré blanc sur fond blanc
Ce document vidéo est une somme. Il est l’équivalent visuel de L’archipel du goulag de Soljénitsyne puisqu’il raconte, par des témoignages, documents d’archives et images d’aujourd’hui, l’histoire de ce pays extrême, invisible, impalpable qu’a été le Glavnoïé Oupravlénié Laguérié, l’administration des camps de répression et de mort de l’URSS. Implacable et plein de compassion, cet essai d’investigation filmique est un psaume, un poème dantesque à la mesure de l’enfer qui y est déterré, déplié, étalé, découpé comme image de l’inconscient du communisme soviétique.
André Roy
Rosa – The Death of a Composer
Le dernier Greenaway est un film de chair et de sang, ce qui ne surprendra pas. Plutôt dans la veine de The Baby of Macon que de 8 1/2 Women, il intègre l’essence même de l’opéra. Car au-delà de l’opéra filmé, il est un spectacle de bruit et de fureur. L’intensité de l’image et du son repousse les limites du cinéma dont il se prévaut pourtant en convoquant les images de Muybridge comme introduction. Et ce faisant, il transforme le 7e art en instrument scientifique. Un scalpel démesuré qui tranche à vif des émotions inavouables, qui enfin osent se déverser en une immense orgie.
Philippe Gajan


Chicken Run
Une liste est un signal, une manière de renvoyer une image de soi. Choisir Chicken Run procède un peu de la provocation et de la revendication d’un éclectisme. Et puis, le brio de l’animation de Nick Park, de film en film, nous a offert une des plus belles surprises de ces dernières années. On pourrait faire la fine bouche, noter la plus grande réussite des courts métrages, forme à jamais absente de ces listes. Chicken Run vaut aussi pour l’ensemble d’une carrière.
Jacques Kermabon
Requiem for a Dream
Ce film, qui entremêle audacieusement les parcours de quatre personnages en proie à une dépendance (à la drogue, au sexe, aux pilules pour maigrir et à la télévision), vaut avant tout pour la manière dont il dramatise l’incroyable détresse de ces personnages. Empruntant au clip, au cinéma expérimental et au film d’Exposition universelle (avec des écrans multiples qui évoquent parfois ceux d’Expo 67!), il s’agit là d’une véritable symphonie de l’horreur, en forme de descente aux enfers. Le résultat est un film inégal, et parfois même racoleur, mais qui fait l’effet d’une vraie dose de cinéma, prise par intraveineuse...
Georges Privet


Djomeh
À travers l’histoire toute simple d’un immigré afghan qui tente obstinément d’obtenir la main d’une jeune fille de son pays d’accueil (clin d’œil au «passeur» Kiarostami), Djomeh opère, avec une rare économie de moyens, un «spectaculaire» renversement de perspective: le patron, qui aide Djomeh à réaliser son rêve d’intégration, est celui des deux qui sort le plus enrichi de ce contact avec l’«autre», l’étranger. Belle leçon de vie et de cinéma de la part d’un cinéaste débutant.
Gilles Marsolais