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| Cinéma en poche Scandales politico-culturels par Réal La Rochelle Contrechamp Le noyau chaud par Jean Chabot Barreau de chaise 1 (mémoires) par Jacques Leduc Kiarostami : lorsque l'enfant paraît par Gérard Grugeau La télé Citizen Karl par Yves Rousseau |
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| Scandales politico-culturels par Réal La Rochelle [ voir texte 24 images N° 105 p. 34-35 ] |
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![]() Palme dor de Cannes 1999, Rosetta de Luc et Jean-Pierre Dardenne est un film rigoureux, implacable, et dune énergie du désespoir rarement montrée. |
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| Le noyau chaud par Jean Chabot [ extrait seulement, texte complet voir 24 images N° 105 p. 10-11 ] |
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![]() Hochelaga et Maelström, deux films qui se font écho par linconfort et lindifférence de leurs personnages face à lespace collectif québécois. |
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| Scènes de rues Il est huit heures du soir rue Sainte-Catherine. Dans la foule, un jeune homme, que le scénario nous présente comme un écrivain, croise, sans la voir, une jeune femme avec qui il a eu des rapports sexuels à plusieurs reprises au cours des semaines précédentes. Elle non plus ne le voit pas. Dans le film qui raconte leur histoire, Linvention de lamour, elle joue le rôle dune prostituée. Et, par les uvres de ce client-là, elle est enceinte. Et elle le sait. Mais pas lui. Et plus tard ce pourrait être la même nuit , on est dans le Vieux-Montréal, à lheure où les derniers fêtards ont abandonné les rues. Sur un des quais, une jeune femme tente de pousser une auto dans le fleuve. Et, à sa grande surprise, elle ny parvient pas: lauto reste coincée. La jeune femme panique. Dans le film qui raconte son histoire, Maelström, elle vient de tuer un homme, avec cette auto-là justement. Il traversait la rue. Le choc na duré quune fraction de seconde. Et plus tard encore, dans des pièces si sombres quon pourrait être en pleine nuit blanche, un jeune homme ne comprend pas que la guerre des motards qui ensanglante la ville a peut-être une cause: une bande américaine sest mis en tête de fusionner tous les groupes québécois et canadiens sous une même bannière, américaine évidemment. Les uns refusent, les autres se chargent daccélérer le processus. Dans le film qui raconte son histoire, Hochelaga, le jeune homme découvrira trop tard quil risque fort de faire les frais de cet affrontement-là. Il se tient en embuscade à la porte dun bar, prêt à descendre un homme qui va sortir dans la rue, dans quelques instants. Il attend. Et pendant que, dans la salle, la même attente sinstalle, on ne peut faire autrement que de penser: mais quels sont donc les échos que ces images-là réveillent ? On se rend compte ainsi quau-delà des différences qui existent entre chacun de ces films, il nen reste pas moins que leurs personnages entretiennent des rapports assez similaires avec lespace collectif québécois, cest-à-dire avec le lieu commun. Pour des raisons diverses, cet espace-là donne limpression de leur être, à chacun, parfaitement inconfortable et totalement indifférent. [ extrait seulement, texte complet voir 24 images N° 105 p. 10-11 ] |
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![]() On est au coton de Denys Arcand.«Il me semble que ça fait longtemps que je nai pas vu du monde travailler dans notre cinéma, pas vu dusine ni de machine à coudre.» |
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| Barreau de chaise 1 (mémoires) par Jacques Leduc [ 24 images N° 105 p. 12 ] Il arrivait à John Ford de ne tourner quune seule prise par plan, ce qui au minimum est un risque calculé quand on conte une histoire dans laquelle chaque plan, en principe, doit conter, justement! Je ne pense pas quil le faisait pour des raisons déconomie, non, il était content de la prise (un acteur avait dû souffrir !) et il passait au plan suivant. Quand Ford ne tournait quune prise, il faisait presque du documentaire. Je dis presque, parce quil pouvait toujours se reprendre. Mais ce qui reste dans son film (je pense à des passages de Wagonmaster) est un moment de vie qui a eu lieu, qui sest passé, et qui a été filmé. Le documentaire cest filmer le réel, cen est lexigence essentielle, et imposer un point de vue, puisque le réel comme tel na pas de sens, sinon celui quon veut bien lui donner. Jinsiste sur la question du point de vue, parce quà la limite on pourrait penser que les webcams ou les caméras de surveillance qui enregistrent lintégralité du réel représentent le boutte du boutte du documentaire. Cest en quelque sorte ce quont compris les fabricants de docu-soap, de reality shows et autres big brothers, qui forcent le réel à se retrancher dans la fiction. Déjà quobserver le réel, cest le transformer Pour ma part, je préfère de loin limplication de Richard Desjardins dans Lerreur boréale ou de Jacques Godbout qui se met en scène dans Traître ou patriote ? aux questions vaguement anonymes et hors champ des interviewers habituels, aux absences (feintes) de point de vue ou à lexploitation pure et simple de lavarice. Its all done for money. Paradoxalement, le cinéma, qui est un art du temps, commence avec un regard et une paire de ciseaux, dont se servait, à sa manière, John Ford en ne tournant quune prise unique. Il faisait du montage. Lunique prise servait de choix! Et ce que Ford nous enseigne avec sa fiction, cest quil faut savoir prendre des risques avec le direct. Je pense à ça en réfléchissant à comment se tournent les documentaires maintenant, par opposition à comment ils se tournaient il ny a pas si longtemps encore, et à comment les nouveaux outils ont modifié la façon dont on travaille. Les documentaires se tournent aujourdhui en vidéo, et le caméraman que je suis a limpression de troquer ses pinceaux pour des spatules, ses crayons pour une bombe aérosol. Ce à quoi il faut ajouter que la palette de possibilités de traitement de limage, surtout en postproduction, est si large quon fait de moins en moins de choix au tournage, et la règle qui dictait quon ramène le meilleur négatif possible parce quil est toujours plus facile de le détériorer que de laméliorer ! a trouvé de nouveaux et radicaux assouplissements. Mais à côté des énormes avantages qui accompagnent les tournages en vidéo, dont je me sers copieusement, et sans vouloir sembler passéiste, il y a quand même quelques inconvénients. Quand on tournait sur support film, le ratio de tournage (c.-à-d. le métrage exposé par rapport au métrage gardé dans le film fini) était de dix pour un et, dans des cas plus privilégiés, jusquà 20 ou 25 pour 1, comme ce fut le cas pour Chronique de la vie quotidienne, où nous avons tourné 100 heures pour nen conserver que 4 1/2. Ça, cétait en film. Maintenant, parce que la cassette coûte relativement moins cher, on tourne davantage et il nest pas rare de se retrouver dans la salle de montage avec du 40 pour 1. On est loin de Ford et de ses prises uniques! Il marrive donc de penser, bien malgré moi, que le plan que je suis en train de tourner a 1 chance sur 40 de se retrouver dans le film, un peu plus et cest la loterie, et si je pense un peu plus loin encore, toujours en tournant, lil dans le tunnel de la caméra, je me dis : « non, ça, ce ne sera jamais dans le film », et hop! voilà que mon attention baisse, que ma concentration chute et que mon attente du moment de vérité se fait plus distraite. Mais si on tourne deux fois plus, cest aussi parce que le moment de vérité est plus difficile à capter que par le passé, malgré le nombre croissant dobservateurs de toutes sortes. Une caméra parmi le public na pas le même effet quil y a 25 ans, pas plus quune caméra introduite dans la vie privée, malgré tous les « efforts » faits en ce sens Je me souviens davoir voulu faire de la fiction parce quen documentaire, il y avait des seuils quon ne pouvait pas franchir, dont celui de la chambre à coucher. (Oui, je sais cest largement dépassé tout ça!) Quand même, il y a quelquun qui se retrouve dans la salle de montage avec 40 fois trop de matériel, un outil qui lui permet de faire toutes les versions possibles de ce matériel, et quelques semaines pour faire une heure de projection! Et sans compter que souvent cest surtout de la parole, avec laquelle il faut composer. Ce nest pas comme monter une action, une personne au travail, par exemple. Il me semble que ça fait longtemps que je nai pas vu du monde travailler dans notre cinéma, pas vu dusine ni de machine à coudre, pas vu César et son canot décorce. Mais ça, cest une autre histoire. |
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| Kiarostami : lorsque l'enfant paraît par Gérard Grugeau [ extrait seulement, texte complet voir 24 images N° 105 p. 36-37 ] |
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| On sait limportance qua prise le Kanun (Institut pour le développement intellectuel des enfants et des jeunes adultes) dans la carrière dAbbas Kiarostami. Créé au tournant des années 70 sous limpulsion de limpératrice Farah Dibbah, ce centre subventionné par lÉtat entendait sappuyer sur une équipe de créateurs et de pédagogues pour tenter de répondre aux nombreux besoins en éducation. Seul cinéaste en place à lépoque, Kiarostami allait y développer un service cinématographique et y réaliser tous ses films entre 1970 (Le pain et la rue, son premier court métrage) et 1992 (Et la vie continue). Trois inédits produits dans le cadre du Kanun nous parvenaient lors du dernier Festival des films du monde. Trois inédits et trois nouveaux maillons qui viennent renforcer la cohérence interne dune longue chaîne filmographique hantée par la figure centrale de lenfance et les rapports de pouvoir à luvre dans une société dordre et de devoir. Documentaires et fictions entremêlés: une fois de plus, tout sinterpénètre chez Kiarostami pour inscrire le cinéma dans le monde comme conscience et y tisser un réseau de résonances intimes. Lenfant est la figure fondatrice du cinéma kiarostamien. Il est en quelque sorte lentité médiatrice entre lartiste et le monde, celui par lequel advient la révélation dun au-delà de limage. [ extrait seulement, texte complet voir 24 images N° 105 p. 36-37 ] |
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| Citizen Karl par Yves Rousseau [ extrait seulement, texte complet voir 24 images N° 105 p.13 et 64 ] |
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| Cétait lautomne et jaurais voulu parler de la rentrée télévisuelle, de toutes les belles bébelles faites pour nous divertir.
Javais un sujet en or et les moyens de lexplorer à fond avec mon nouveau gadget de télé numérique, mais un mégacomplot men a empêché, réunissant des personnalités aussi disparates que Trudeau, Juan Antonio Samaranch, Yasser Arafat, Bush et Gore, sous la tutelle du boss de Quebecor, qui a orchestré toute lopération. Le plan est machiavélique: dire à Trudeau de faire le mort et de léguer son corps à la télé pendant que Samaranch offre les Olympiques et quArafat organise des jeux parallèles avec lancer du caillou, saut de barricade et tir denfant à balles réelles. Au même moment, Bush et Gore font diversion sur le marché américain. Furieux dêtre mis sur la touche, Jean Chrétien déclenche les élections les plus inutiles que le pays ait connues depuis la guerre des Boers. Que ne ferait-on pour passer à la télé? [ extrait seulement, texte complet voir 24 images N° 105 p.13 et 64 ] |
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